Clinamen, graphistolages et écrivadrouilles : genèse d’un "transmedia ready"

"Clinamen, infime changement dans un monde si parfait, si ordonné et si prévisible qu’il reste stérile. De la légère déviation d’une trajectoire trop rectiligne vinrent rencontres, créations, grouillement de la vie et des idées et tous les possibles"
En recherchant sur internet le sens de ce mot, je suis tombé sur le site Clinamen, une infime déviation. La définition proposée par son auteur convient parfaitement à mon état d’esprit actuel. Elle explique aussi pourquoi je commence à m’intéresser à l’impact des oeuvres transmedias en particulier dans le milieu éducatif.

Tout a commencé par une infime déviation. Un jeu. Une bande annonce pour promouvoir le travail de diffusion d’Owni des câbles diplomatiques de Wikileaks. Une réalisation, sans prétention qui a retenu toutefois l’attention de Karine Halper, productrice transmedia.
Et sur son blog "Transmedia ready" elle titrait, parlant de ma vidéo owniesque "Si çà c’est pas du transmedia c’est quoi !" En lisant cette phrase, les oreilles du lapin de Mars se sont dressées d’étonnement. Je remuais la truffe autour de ce mot étrange : transmedia. Et Karine ne m’a pas rassuré quand elle a dit que la définition n’était pas encore fixée.

Heureusement, certains, il y a peu de temps, se sont attelés avec brio à cette tâche sur Wikipedia. Et en creusant un peu la question, je me suis rendu compte que derrière le mot se profilaient de nouvelles manières de raconter des histoires. Et vous le savez, les histoires façonnent non seulement notre imaginaire mais aussi notre culture sur bien des plans.

Le lièvre de Mars  en immersion transmedia

Une infime déviation vous dis-je. Entrer dans une histoire c’est vivre une expérience. Sollicité par Karine, j’ai donné un petit coup de patte (une patte de lapin cela porte chance) au Transmedia Live Storm du 18 décembre dernier qui m’a permis de faire la rencontre mémorable de Pierre Côté, grand manitou de Realtime Réalité, un show transmedia. Et comme je n’étais pas Skypo-compatible ce jour là, le lièvre de Mars a été invité gentiment à grainer sur le persil sur d’autres plateformes. Aujourd’hui, je le confesse humblement, j’ai fait dans ce domaine des progrès : je tchatte (pour un lièvre) c’est un comble avec Thomas @Bookmore et je répète tous les jours en me rasant devant ma glace les deux phrases préférées de Karine : "transmedia est un adjectif" et "êtes-vous transmedia ready ?"

Une infime déviation. Je ne sais pas si je suis" transmedia ready" mais l’adjectif, je ne le lâche pas. Comme l’autre qui voyait des nains partout, je le vois surgir derrière une page, derrière l’écran de mon téléviseur, je le croise tous les jours dans la rue…"C’est normal, c’est comme cela au début, welcome in the Wonderland of Trans !” me rassure Karine.  L’adjectif n’arrête pas de trotter dans ma tête. Mes neurones se reconfigurent, je le sens. Pas grave. cela ne se voit pas. Je ne risque pas de faire peur à mes élèves en me transformant en zombie.

Question existentielle d’un prof-doc en voie de reconfiguration

Une infime déviation. Se poser la question : c’est quoi être transmedia ready pour un professeur documentaliste ? Se poser la question. Et la retourner, une fois, deux fois, à chaque instant dans sa pratique. Tiens, c’est bientôt la Semaine de la Presse et des médias dans l’école, je vais proposer un documentaire interactif au collègue de français pour travailler avec une classe.
J’ai des livres à commander. Le Cathy’s book cela pourrait être intéressant de voir ce que les élèves en feront. Si j’avais à coter le livre de Henry  Jenkins "Convergence culture : where old and new media collide" quel indice Dewey choisir. Comment intégrer dans mon fonds documentaire des oeuvres transmedias ? J’ai une présentation du CDI à faire pour les Portes Ouvertes, pourquoi ne pas réaliser un dispositif transmedia pour impliquer les élèves et les parents, un ARG ?

Une infime déviation. Pour mettre tout ce qui trotte dans ma tête de lièvre de Mars, je me suis dit que ce serait utile d’ouvrir un espace pour vous proposer comme le dit si bien l’auteur de "clinamen" des graphistolages et des écrivadrouilles. Et vous qui me lisez êtes vous prêt à devenir à votre tour "transmedia ready" ?

Information :
La page wikipedia consacrée au transmedia, fruit d’un travail d’équipe a été lancée à l’initiative de Karine Halpern et Cyril Sluky. Ont contribué : Nicolas Brunet @sugarniko et Olivier Godest @Pioussin (Transmedia Lab), Hervé Cailloux.

Billet mis à jour : le 9/08/2014

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7 réponses à “Clinamen, graphistolages et écrivadrouilles : genèse d’un "transmedia ready"

  1. Partir à la découverte d’un sens est une noble cause.
    Prête à te suivre dans les labyrinthes transmédia…surtout s’il y a du thé ;-p

    Alice…Constantinople.

    • Bienvenue Alice/Constantinople dans le terrier du Lièvre de Mars. Pour le thé, cela ne dépend que de toi. Mais cela tu le sais ;-)

  2. Merci. Tu es en train de devenir de plus en plus Transmedia Ready…

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