Jeunes publics et télévision : fidéliser avec des contenus transmedia

Les programmes multi plates-formes pour la jeunesse sont-ils le nouvel eldorado des chaînes de télévision ? Savez-vous par exemple que Beyblade Metal Fusion, diffusé sur Gulli, a été le programme pour enfants le plus regardé au cours du second semestre 2010. Il a rassemblé 344 800 téléspectateurs âgés de 4 à 14 ans et une part de marché de 25,4%.
En produisant de nouveaux programmes, à contenus transmedia , les chaînes de télévision ont bien compris tout l’intérêt qu’elles pouvaient tirer des pratiques de consommation multi-écrans des jeunes publics. 

Le contact avec la télévision se fait de plus en plus tôt. Le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, dans son ouvrage : Virtuel, mon amour ; penser, aimer, souffrir à l’ère des nouvelles technologies paru chez Albin Michel en 2008, rapporte qu’avant trois ans, l’enfant passe une heure par jour devant l’écran puis une trente entre trois et quatre ans. Face à cette situation,  le Ministère de la Santé est même intervenu pour déconseiller la télé aux moins de trois ans et a enjoint aux chaînes destinées aux jeunes enfants d’alerter les parents sur ses dangers (cf délibération du CSA du 22/07/2008).

"Aujourd’hui, les conséquences physiologiques d’une consommation de télévision chez l’enfant de moins de 3 ans ne sont pas mesurées. En revanche, plusieurs études américaines montrent que la télévision chez l’enfant de moins de 3 ans ne favorise pas le développement et même peut le ralentir" explique Serge Tisseron  dans l’article du Monde.fr du 21/11/2009 "L’exposition à la télévision retarde le développement de l’enfant de moins de 3 ans".

Et cela ne concerne pas uniquement cette tranche d’âge. Serge Tisseron propose en effet  de réguler la consommation des écrans des enfants jusqu’à l’âge de 12 ans. Il propose cette règle des "3 – 6 – 9 – 12" facile à retenir :  pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeux avant 6, pas d’internet avant 9. A partir de 12 ans seulement, laissez-les seuls.  Cette familiarité avec les écrans est une caractéristique des jeunes d’aujourd’hui et cela dès le plus jeune âge (quid de la responsabilité de certains parents ?). Elle nous interroge en tout cas sur les contenus proposés par  les producteurs de contenus audiovisuels aux plus jeunes. Certes, ils tirent partie du phénomène de consommation multi-écrans en innovant toujours davantage pour satisfaire le jeune public. Mais du même coup, il l’accoutume et le prépare (le formate ?) à des manières différentes de consommer de nouveaux types de programmes. Ceux que leurs aînés, adolescents, commencent eux aussi à apprécier.

Des nouveaux programmes transmedia

Aux  bouleversements du  paysage audiovisuel a répondu  l’augmentation de la consommation de télévision chez les jeunes européens (cf l’enquête Kids TV Report : Les enfants et la TV ) . Les chaînes thématiques, les services de télévision de rattrapage (et bientôt la télévision connectée sur le web ?) sont particulièrement appréciés par cette catégorie de consommateurs.
L’enquête rapporte également le succès des programmes transmedia comme par exemple Zingzillas, un projet musical développé par la BBC.
Comme le résume très bien le rapporteur Johanna Karsenty « La consommation télé des enfants évolue, aussi bien dans le choix des supports utilisés que dans les contenus regardés, et cela n’est pas prêt de s’arrêter... »

En France, les chaînes de télévision comptent bien développer des programmes multi plates-formes pour capter l’attention des plus jeunes. C’est le cas, par exemple, de TF1 qui a lancé dernièrement un appel à projets pour une programme transmedia à destination des 6 – 10 ans TFou Pitch . Ou France 3 qui diffuse la série Wakfu.  On constate ainsi que les enfants vont s’accoutumer (si ce n’est déjà fait avec Les Pokemon ou Dofus) de plus en plus tôt avec les programmes transmedia.

Ce mouvement de fond doit nous interroger. Voici deux questions pour alimenter ce débat dans vos commentaires.

1°) En quoi l’arrivée de nouvelles générations d’élèves accoutumées aux contenus transmedia depuis l’enfance (disons 6 ans) risque-t-elle de bouleverser l’Ecole ?

2°) Des contenus pédagogiques transmedia de qualité vont sans doute se développer à l’avenir (le projet Inanimate Alice est à cet égard un bon exemple même s’il n’a pas encore de point d’entrée télévisuel), quelles doivent être leurs caractéristiques essentielles ?

En savoir plus :

Numerama – Guillaume Champeau : La télévision en France des chiffres impressionnants (29/03/2011)

Un réseau social pour les jeunes fait le pari de la télévision connectée, l’exemple de Moshi Monsters.
Guardian.co.uk – Jemima Kiss : Moshi Monsters plans move into online children’s TV (1/04/2011)

 

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