Le récit transmedia : Odyssée de l’espèce

En lisant  cette interview de Jeff Gomez, je ne peux pas m’empêcher de penser à l’ouverture du film de Stanley Kubrick « 2001 L’Odyssée de l’espace » où à l’aube de l’humanité un de nos lointains prédécesseurs  propulse un os qui nous projette deux milliers d’années plus tard dans l’aventure spatiale.

 

 

J’imagine alors très bien ce chaman dont nous parle Jeff Gomez, le créateur d’histoires transmedia, CEO et président de Starlight Runner Entertainment (voir l’article en fin de billet).
Ce chaman, nous dit-il  « sait lire le visage de son public, il en  joue en étant capable de leur tirer des larmes ou des cris d’approbation. « Le storytelling a été une expérience communautaire. Nous avons été les participants« . Avec l’avènement des médias de masse, la connexion directe entre le conteur et le public, cette intimité a décliné. « Nous avons eu des applaudissements, nous avons pu mesurer la popularité de la télévision grâce à l’audimat et grâce aux recettes du box-office, mais cette intimité s’est perdue. Nous avons perdu l’interactivité à un niveau émotionnel, au moins jusqu’à maintenant. »

Selon Gomez , « La technologie inhérente à la mise en œuvre transmedia accorde aux conteurs la capacité « de lire des visages » de nouveau. Internet nous fournit des milliers de voix, parfois plusieurs fois ce montant. Ceci crée un retour d’information instantané qui reforme le cercle, en nous replaçant tous autour de ce feu de camp primordial. Nos conteurs peuvent mesurer notre réponse, entendre nos voix et le récit peut répondre. Avec la narration c’est le retour du chaman et cette fois son histoire s’adresse au monde entier »

retour en force du récit dans notre humanité

L’ouverture de « 2001 Odyssée de l’espace » serait alors l’illustration de ce retour en force du récit dans notre humanité, récit qui ne toucherait plus seulement un clan, puis une tribu, puis une nation mais l’humanité entière. Un récit où nous sommes dorénavant partie prenante. Les conteurs du XXIe siècle seront ceux qui auront la capacité d’engager un public derrière leur histoire et en les rendant partie prenante du récit.

Sean Hood, scénariste, cinéaste et professeur à l’ USC School of Cinematic Arts souligne également la primauté de l’histoire et ses deux grandes caractéristiques. D’abord un personnage qui  se confronte à une situation qu’il devra surmonter. L’autre élément indissociable,ensuite, est le destinataire du récit : le spectateur. Il  a de l’empathie pour son héros et vibre à travers les péripéties qu’il rencontre.
A partir de là, on peut utiliser n’importe quel outil pour créer un monde autour des personnages ou autour de la situation exposée afin de bâtir un dispositif transmédia.
Sean Hood s’accorde avec Jeff Gomez  pour souligner que l’intérêt de la narration transmedia réside dans la participation du public . « Le transmedia offre des possibilités de collaborer non seulement avec d’autres créateurs et conteurs, mais directement avec le public« .

A lire :

Stephen E. Dinehart Créators of Transmedia Stories 3 : Jeff Gomez
http://narrativedesign.org/2009/09/creators-of-transmedia-stories-3-jeff-gomez/

Kim GaskinsFuture of Storytelling Expert Series: Transmedia Best Practices from Filmmaker Sean Hood
http://latd.com/2012/02/10/future-of-storytelling-expert-series-transmedia-best-practices-from-filmmaker-sean-hood/

Sites consultés le 8/08/2014

Ce billet a été rédigé il y a quelques mois et je l’avais complètement oublié. C’est pourquoi je vous le propose aujourd’hui.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s