La transmédiathèque sur Padlet

Dans mon livre, je vous propose en annexe une bibliographie d’ouvrages à contenu transmédia ou dont les histoires ont été distribuées sur plusieurs plateformes. J’ai également signalé des livres documentaires abordant notamment la question du storytelling transmédia, des nouvelles écritures, vous permettant d’aller plus loin dans votre réflexion si le sujet vous intéresse.
Dans ce billet, vous trouverez le lien vers un padlet reprenant les œuvres citées. Chacune est enrichie par un ou des liens vers des informations complémentaires.
Il va de soi qu’il s’agit d’une sélection subjective et que la liste peut être encore complétée. N’hésitez pas à me faire des propositions pour l’enrichir.

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Présentation du livre : « Transmédiateur : un nouveau rôle pour l’enseignant »

Dans les années 2000, le concept transmédia a été défini par Henry Jenkins, actuellement Provost’s Professor of Communication, Journalism, and Cinematic Arts à l’University of Southern California. Il désigne de façon générale un ensemble d’éléments médiatiques narratifs et non-narratifs distribués dans une logique de complémentarité sur différentes plateformes. Avec la convergence technologique, le développement du web 2.0 et des réseaux sociaux, il a donné un nouvel élan aux industries créatives et au marketing pour diffuser leurs contenus et impliquer de manière active leurs publics.

Pour ma part, je partage la définition plus ouverte de Karine Halpern (cf. article Transmédia : Concept indéfinissable sur son site Transmedia Ready) , pionnière dans ce domaine en France qui considère que : « Le concept transmédia tend à être une discipline communicationnelle et pratique créative prenant en compte la participation du public, et la narration qui se propage, se transforme et se transpose sur des supports médiatiques complémentaires intégrés dans un récit multidimensionnel, auquel peut se mêler toute pratique socio-culturelle ou pédagogique, des mécaniques de jeu et du web social, ainsi que des événements en temps réel».

Nous pouvons aussi nourrir notre réflexion par un détour sur l’étymologie du terme.
Le préfixe de l’adjectif transmédia vient tout droit de la préposition latine « trans », qui signifie « par-delà ». Sa présence au début d’un mot indique un passage, un changement. On peut émettre l’idée que le passage d’un média à l’autre opère en quelque sorte une transformation. C’est justement l’objet de ce livre de montrer comment l’apport du concept transmédia peut transformer l’École.
Avec le développement de l’Éducation aux médias, et l’apprentissage des compétences translittératiques à l’école, les contenus transmédia suscitent aujourd’hui l’intérêt des enseignants tant pour leur exploitation pédagogique que pour la mise en œuvre de productions adaptées à leurs besoins propres. C’est à leur attention que j’ai écrit cet ouvrage avec le souci de les aborder de manière critique et en mettant en œuvre une véritable intelligence collective dans la réalisation des projets.

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Dans ce contexte l’enseignant joue un rôle de transmédiateur :
– A la manière d’un chef d’orchestre pour faire émerger de la diversité des talents et du partage des savoirs, savoir être et savoir faire de ses apprenants une œuvre collective.
– En développant l’esprit critique des apprenants vis à vis des œuvres transmédia en développant des compétences de translittératie numérique tant dans le décryptage que dans la production de contenus.
– En diversifiant ses méthodes pédagogiques si ses objectifs pédagogiques s’y prêtent par le recours aux œuvres transmédia mais aussi en s’appuyant sur de nouvelles pratiques (hackaton, design thinkin, classe inversée, escape games, usage des réseaux sociaux).
Impliqué depuis 2010 au sein de l’association Transmedia Ready et associé aux activités menées par Karine Halpern, j’ai eu l’occasion par de nombreux échanges et ma pratique de réfléchir sur ce que pouvait apporter ce type de contenu à la formation. Je confie dans cet ouvrage ce que j’ai appris et expérimenté en espérant qu’il suscitera intérêt et échanges.

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Bethoux, Emmanuel, Transmédiateur un nouveau rôle pour l’enseignant, UPblisher, avril 2018

http://www.upblisher.com/ebook/bethoux/emmanuel/transmediateur-un-nouveau-role-pour-l-enseignant

Tirer le fil de laine, une analogie pour changemakers en éducation

Susciter la curiosité d’apprendre et faciliter l’accès au savoir sont deux préoccupations qui guident l’exercice de mon métier de professeur documentaliste. Pour les comprendre, une image : un petit bout de laine. A vous de faire votre pelote avec.

 

Lors d’une journée de formation de professeurs-documentalistes à Poitiers,
je suis passé avec mes collègues à  »  la belle aventure… » une librairie du centre-ville. Une visite destinée à découvrir les dernières nouveautés éditoriales susceptibles d’intéresser nos élèves mais aussi à nous insuffler de nouvelles idées dans l’organisation de nos centres de documentation et d’information. En particulier dans la manière d’organiser nos  fonds.
Dans nos cdi, en effet, les documentaires se répartissent par grands champs de la connaissance selon un plan de classement prédéfini, basé généralement sur la classification Dewey. Elle est particulièrement pratique pour la gestion du fonds au quotidien. Cette organisation rigoureuse est supposée faciliter l’accès des élèves aux documents.

Dès la sixième, ils sont d’ailleurs initiés à ses  principes d’organisation. On peut se demander d’ailleurs si celle-ci ne sert pas davantage le professionnel de la documentation que l’intérêt de l’élève. En effet, avec  ce mode de classement, conçu pour le livre, les savoirs sont en quelque sorte cloisonnés et n’incitent pas de prime abord le jeune à élargir son champs d’investigation. Sauf, bien entendu, si l’élève fait appel à la médiation du professeur documentaliste ou s’il fait appel , à condition de la maîtriser, à la base de données documentaire. On peut envisager un autre mode de fonctionnement : mettre en place une organisation par centre d’intérêts en particulier pour les fictions, l’orienter par une signalétique claire et imagée, ainsi qu’une cotation simplifiée . On  facilitera ainsi sa recherche et l’éveil de sa curiosité.

L’analogie du fil de laine

Mais revenons à “La belle aventure”, l’organisation est différente de celle de nos cdi.  Ici, et c’est affiché sur leur site web, on ne  parle pas de “documentaire” mais de « non fiction » « avec des essais et documentaires pour nourrir largement la réflexion intime comme le débat de société (vie des idées, des cultures et des médias ; questions d’économie, de travail et de justice sociale ; questions d’écologie et d’urbanisme ; regards sur la vie intérieure et sur le monde… ), livres d’art (beaux-arts, photo, danse, musique, cinéma, street art…).. »  La librairie se donne l’ambition de relier le livre à la vie intellectuelle et spirituelle, aux débats de société, à l’art. Elle entretient également un rapport nourricier avec ses clients-lecteurs au sein de groupes de lecture. A travers la disposition des ouvrages dans le magasin,  l’acquéreur potentiel est incité, comme guidé par un élan vital , à dépasser son besoin initial. Et le livre qu’il prend entre ses mains le guide à son tour vers un autre ouvrage et ainsi de suite.. “Un peu comme s’il tirait le fil de laine d’une pelote” nous explique la libraire. Là aussi, l’accès à des livres en affinité les uns avec les autres illustre cette tendance au décloisonnement des savoirs indispensable à la formation de l’honnête homme du XXIe siècle.

L’éducation sur le fil

Inciter l’élève à tirer le fil de laine. Développer chez lui sa curiosité, le goût de la découverte, l’envie d’apprendre, pour aller au-delà de ce qu’il sait, de ce qu’il vit, pour une vie meilleure, pour nourrir sa vie dans toutes ses dimensions.
Pour l’enseignant, tirer le fil de l’élève c’est repérer chez lui, ce qui peut le faire avancer, lui donner le goût des apprentissages, le pousser à s’investir dans son travail et dans la vie de la collectivité éducative. Poser les jalons du futur citoyen qu’il sera.
Tirer le fil de laine avec précaution. Éviter que cela casse. Conserver le lien. Dénouer. Renouer. Travail de longue haleine…

L’instruction ou l’art de tirer le fil de laine. La révolution éducative passe aussi par ce chemin.

Raconter une histoire à plusieurs mains

Trois histoires inspirées librement du récit interactif « Inanimate Alice » ont été créées collectivement par les élèves de sixième lors de l’année scolaire 2014-2015. Et pour la dernière séance, ils ont même bénéficié des conseils d’Eli Anderson, auteur jeunesse reconnu.

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Narration transmedia et récit personnel

Les articles sur la narration transmédia font souvent la part belle aux dispositifs techniques, à l’articulation et la distribution du contenu sur les différents supports. Pourtant, cette nouvelle manière de raconter des histoires ou de former différemment s’adresse à un public sur lequel il convient de mettre aussi l’accent. Je souhaite insister ici sur ce que j’appelle le récit personnel de celui ou celle qui s’engage dans ces nouveaux types de récits. Par sa participation, il tisse sur niveau intime une nouvelle histoire en résonance avec ses connaissances et sa vie personnelle. Lire la suite